Des métiers racontés par leurs ouvriers.
Métier raconté, les potiers de terre de Ravel.
La marque de l'artisan.
Toutes les grandes officines de potiers gallo-romains ont laissé leur nom à la postérité grâce au sceau du maître gravé sur le fond du le flanc du vase. D'où le nom de « sigillée » que l'on donne à cette céramique. On a recensé plusieurs milliers de noms d'artisans de cette époque.
Le père Chanet, deux mille ans plus tard, signait lui aussi ses oeuvres. Les ustensiles que nous avons conservés de lui portent la mention « P. Chanet » gravé avec un instrument fin dans l'argile molle du fond côté envers.
Michèle Bénard ne signe pas ses petites pièces services, pichets... mais appose son nom sur les grandes pièces, amphores, aiguières. Cette discrimination est inconsciente, elle ne pense pas à marquer les poteries de petit calibre alors qu'en faisant le pied des grandes, elle les marque « automatiquement ». Il y a là l'aveu d'une fierté légitime dans la réalisation d'une œuvre difficile. Elle signe, Michèle B. Chanet. Le B. rappelle son nom d'épouse. Quand au nom de famille, il affirme la pérennité d'une tradition.
On le voit donc, la marque de l'artisan a changé de signification. Depuis les Romains jusqu'au père Chanet compris, l'estampille avait un sens bien précis, c'était une marque de fabrique authentifiant l'origine de la marchandise. On retrouve cette pratique dans maints artisanats, chez les taillandiers par exemple.
Mich èle Bénard n'appose sa marque que pour les objets qui la valorisent. Quant aux clients d'aujourd'hui, ils voudraient une marque sur chaque cul de tasse. Nous avons évoqué ailleurs cette « fièvre du label » et nous ne ferons ici que la constater à nouveau.
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