En noir et blanc, des métiers racontés par leurs ouvriers.
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Photos d'autrefois en noir et blanc


Des métiers racontés par leurs ouvriers.


Métier raconté, les perleuses de Margeride.

Le soufflage des perles.


La matière première pour confectionner les perles consistait en tubes capillaires de verre transparent, livrés par l'industriel de Langeac. A chaque diamètre de tube correspondait une grosseur de perle. Les plus fins atteignaient 1 mm de diamètre intérieur. Ils étaient débités à une longueur de 25 centimètres.

- Grâce à de précieux informateurs, nous avons pu retrouver une personne âgée qui s'est remise à l'ouvrage pour les besoins de l'enquête. Des collectionneurs nous ont permis de compléter l'outillage de la perleuse. C'est donc à une véritable reconstitution, que nous nous sommes livrés, un demi-siècle après la disparition de cette activité. L'enquête a été effectuée chez Mme Julie VignaL à Darnes, commune de Charraix, canton de Saugues, le 3 octobre 1976.

- La perleuse est installée devant son établi, ses accessoires disposés près d'elle. La lampe est allumée et fournit une flamme jaune, non fuligineuse de préférence, ceci étant lié à la qualité du pétrole et au réglage de la mèche. Les pieds actionnent la pédale qui met en fonctionnement le soufflet. Un courant d'air continu arrive à l'orifice du « souffli », petit embout en verre dont nous avons parlé. La flamme jaune de la lampe se transforme alors en un dard d'un très beau bleu, dirigé à l'opposé de la perleuse.

- Dans sa main droite, la perleuse tient son tube de verre. Elle le roule sans cesse entre pouce et index et en chauffe l'extrémité dans la flamme. Cette opération est la plus délicate.

- Il s'agit de ne pas fermer le bout de la tige, le verre en fondant, obture le canal. Il faut chauffer quelques millimètres au-dessus de l'extrémité.

- Il ne faut pas trop chauffer, sinon la tige forme une « canne », le verre se ramollit et se retourne.

- A l'instant précis où le verre prend la couleur rose, la perleuse souffle une brève bouffée d'air qui forme une sphère au bout de la tige. On pense, irrésistiblement, aux gamins qui font des bulles de savon.

- Cette tige reste dans la bouche qui sert, en somme, de troisième main. La main gauche prend un deuxième tube, mis à refroidir pendant qu'on soufflait la perle précédente. La main droite saisit la lime posée en oblique sur la boîte à perles. La bulle de verre est coupée par deux ou trois petits coups de la lame, utilisée comme une scie à ampoules de médicaments.

- Cette tige de verre va être à nouveau chauffée tandis que l'autre, maintenue par la bouche est posée sur la lime. On a donc compris que c'est avec deux tiges de verre que la perleuse travaille simultanément. Quand les deux tubes capillaires sont réduits à deux moignons, on les soude à chaud sur des tubes neufs, afin de ne rien perdre. Toute la matière première est en principe utilisée.


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