En noir et blanc, des métiers racontés par leurs ouvriers.
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Le vannier, le hottier, le jouguier, le galochier, le sellier-bourrelier, les perleuses, le dinandier, le saigneur, les potiers de terre, les charrons.

Photos d'autrefois en noir et blanc


Des métiers racontés par leurs ouvriers.


Métier raconté, les perleuses de Margeride.

La collecte des perles soufflées.


Le produit fini était collecté de deux façons différentes.

- Soit par l'intermédiaire d'une leveuse qui descendait les perles à Langeac et redistribuait salaires et matériau. Il y en avait une à Saugues par exemple.

- Soit en les livrant directement chez le leveur comme faisait Mme Vignal. Il y a eu deux leveurs à Langeac, Claude Faury, déjà nommé et qui fut, de loin, le plus important, Guste dont nous ne connaissons de lui que ce prénom écourté ou ce sobriquet.

- La perle que livrait l'ouvrière était un produit semi-élaboré, une simple bulle de verre, qu'il fallait terminer. Le leveur faisait enfiler des perles brutes sur du fil de fer très mince, par 1000, nous dit Mme Faury. Ce sont 1es enfants qui exécutaient le travail. Cet enfilage avait-il pour but de faciliter le travail de la repreneuse ? Ce point est resté dans l'ombre.

- Cette repreneuse était une ouvrière spécialisée qui rendait lisses les deux orifices de la perle en les mettant en contact avec une tige de verre rougie. Les bavures de verre résultant dit sectionnement à la lime étaient ainsi fondues.

- Les perles reprises étaient soigneuseent emballées dans du papier, par numéro correspondant à un calibre, puis mises dans des caisses et expédiées à Paris. Dans la capitale, il y avait deux acheteurs, la maison Ruteaud et une maison allemande.

- Dans le magasin des Faury travaillaient deux employées femmes, occupées au triage et l'emballage, deux tireurs de verre, dans la partie arrière de la maison et les deux leveurs, Claude et Eugène Faury qui recevaient la clientèle, pesaient, donnaient le verre et rémunéraient le travail.

- P. Roqueplo nous donne quelques informations sur ces leveurs,  Les perles sont centralisées à Langeac chez deux leveurs. Le plus important, M. Faury, ne prélève pour lui que 2 centimes par mille, ce qui représente d'ailleurs une somme importante si l'on songe qu'en hiver, il lève jusqu'à 20 millions de perles par semaine. Ce léger bénéfice sert à rémunérer les nombreuses ouvrières employées à peser, tamiser, et compter les perles. Il gagne un peu plus sur le verre qui tire et vend lui-même aux ouvrières qui apportent leurs perles.

- Cet auteur, qui étudie la Lozère, nous parle de l'implantation d'une centaine de perleuses dans ce département, à Langogne, Florac, Bédouès, Saint-Etienne Vallée Française avec des essais en cours, 1913, date de sa thèse au Monastier et à Saint Chély d'Apcher.

- Si l'on ajoute qu'en Haute-Loire, il v avait des leveuses à Lavoûte-Chilhac, Pinols. Alti, Saugues, etc... on peut admettre que le chiffre de 500 à 600 ouvrières souvent cité en ce quit concerne Claude Faury est une estimation plausible. Cet homme dynamique avait donc su créer une activité originale dans la tradition verrière de la Margeride. Il avait implanté sur une vaste zone rurale de montagne son artisanat à domicile, en sachant utiliser la disponibilité des femmes et leur adresse pour les travaux délicats, par exemple la dentelle. La comparaison des deux activités ne s'arrête d'ailleurs pas à ces trois points, travail à domicile, main d’œuvre exclusivement féminine, habileté consommée des ouvrières. Les techniques de distribution et de collectage du travail sont calquées l'une sur l'autre.

- La dentellière paie son fil de lin, la perleuse son verre.

- Des leveuses servent d'agents intermédiaires entre les industriels et les ouvrières.

- Ces industriels ont réussi une intégration verticale, de leurs activités. Le dessinateur en dentelles conçoit le modèle, fabrique le carton de l'ouvrière, distribue le travail, le collecte et vend le produit fini. Le Perlaïre étire le verre, fait exécuter les perles, les centralise et les commercialise.

- Les finitions existent également dans les deux métiers, ce sont les aponceuses pour la dentelle et les repreneuses pour le verre. Ce parallèle n'est pas donc pas artificiel, même s'il affecte deux matériaux aussi dissemblables.

- Si l'utilisation de la dentelle est connu, celui de la perle soufflée ne l'est pas du tout. C'est sur cet aspect curieux que nous terminerons notre étude.


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