En noir et blanc, des métiers racontés par leurs ouvriers.
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Le vannier, le hottier, le jouguier, le galochier, le sellier-bourrelier, les perleuses, le dinandier, le saigneur, les potiers de terre, les charrons.

Photos d'autrefois en noir et blanc


Des métiers racontés par leurs ouvriers.


Les charrons d'Auvergne et du Bourbonnais.

L'àme de la roue, le moyeu.


Le moyeu est le centre de la roue, l'essieu s'y emboîte, les rais s'étoilent vers l'extérieur. Son exécution requiert du temps et de nombreuses opérations.

Le bûchage.

- L'artisan débite au passe-partout son bois de longueur. Puis à l'aide d'une « cougne », c'est-à-dire d'une lourde hache qu'il soulève à une main mais dont il arrête la course en coinçant le manche entre ses jambes, Roger Méténier façonne sa bûche d'ormeau sur un billot. Il s'agit d'un dégrossissage de la matière, comme font le sabotier
ou le jouguier.

Le tournage.

- Le tour est électrique, mais dans le temps, c'était un volant manié par deux hommes qui assurait l'entraînement. Une poupée fixe, une poupée mobile, un appui d'outil, une poulie et une courroie, voilà les éléments essentiels du tour.



- Rappelons que, dans cette région, les charrrons n'avaient pas l'apanage du tournage sur bois. Les luthiers tournaient également, des roues de vielle, comme les Pajot à Jenzat, des bois de cornemuse Béchonnet à Effiat.

- La bûche d'ormeau, bien centrée sur les deux pointeaux, est entraînée par le tour à environ 1000 tours/minute, vers le tourneur, d'arrière en avant. L'artisan utilise trois outils, le bédane pour les dégorgements profonds, la gouge à bout pointu pour les parties concaves, le ciseau plat à deux tranchants pour les parties convexes. Il existe également un ciseau à tranchant oblique pour le lissage. mais cette opération est inutile pour le moyeu qui sera martyrisé, mouillage, frettage, chauffage....



- Le diamètre du moyeu dépend du type de roue à effectuer, plus la roue est grande, plus le nombre de rais est élevé, donc le nombre de mortaises à percer.

- Notons ces trois remarques dans le travail au tour.

- Le manche de l'outil est long, ce qui permet de le « verrouiller » entre le coude et le corps pour contrer l'action du tour qui a tendance à relever l'outil.



- L'outil est fermement tenu au poignet, ce point d'articulation est important pour donner l'inclinaison voulue au tranchant.

- Enfin l'extrémité est appuyée sur le porte-outil où elle peut se déplacer latéralement.

- Dans l'exécution du moyeu, l'avant, côté extérieur de la roue n'est pas identique à l'arrière, côté intérieur, ceci pour des raisons techniques qui seront exposées plus loin.

- Les différentes gorges ou moulures obéissent un peu à la fantaisie du tourneur, sa marque de fabrique en quelque sorte. Roger Méténier nous apprend que c'est à ce signe qu'on reconnaît de quel atelier sort une roue. Ce « langage » n'est perceptible qu'aux gens du métier.

- Les filets qui délimiteront l'emplacement des futures mortaises sont exécutés au compas, après mesure préalable au mètre pliant.

La pose des cordons.

- Ces cercles de petit diamètre enserrent le moyeu afin qu'il n'éclate pas sous les formidables contraintes aux-quelles il sera soumis ultérieurement, perçage, enfoncement en force des rais, boîtage, etc...

- Les cercles une fois obtenus, pour la fabrication, voir plus loin, le cerclage sont posés à chaud. Pour cela, le charron les chauffe à la forge, une pince les maintenant obliquement dans le foyer. Ils sont tournés pour que toute la circonférence rougisse et appuyés sur une nouvelle pince, froide celle là, La pince chaude est mise à refroidir dans un bac à eau.

- Les cordons sont emboîtés sur le moyeu au marteau.

Le perçage des mortaises.

- Pendant cette opération, le moyeu est fixé dans un chantier spécial qui permet de le faire tourner, mortaise après mortaise, tout en le maintenant fermement.



- L'emplacement des mortaises est calculé, puis tracé au crayon et à la règle entre les filets laissés sur le moyeu par le compas. Le rectangle tracé est plus grand que l'ouverture de la future mortaise car les bords seront chanfreinés pour un tenonnage en force du rai.

- Le percement est fait à la tarière par deux trous, l'un foré verticalement, l'autre légèrement en oblique.

- La partie centrale est tombée au ciseau et les angles à la gouge carrée.


Perçage des mortaises sur le chantier à moyeu.


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