En noir et blanc, des métiers racontés par leurs ouvriers.
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Le vannier, le hottier, le jouguier, le galochier, le sellier-bourrelier, les perleuses, le dinandier, le saigneur, les potiers de terre, les charrons.

Photos d'autrefois en noir et blanc


Des métiers racontés par leurs ouvriers.


Le hottier de Queillette.

La fabrication des paillasses.


La paillasse était dans nos campagnes d'un emploi universel. Si les usages traditionnels sont révolus, la beauté de l'objet continue de lui attirer une nombreuse clientèle, urbaine essentiellement.

La paille de seigle.

- Elle constitue le matériau de base. Elle est moissonnée à la faucille et stockée en gerbes maintenues debout, les épis vers le ciel, dans la grange. Lucien Barse, selon ses besoins, la bat au fléau par petites quantités sur l'aire de la grange. Pour cela, 6 gerbes sont étalées sur deux rangs, épis contre épis. Ainsi le battant du fléau ne frappe-t-il que le sommet des pailles et n'écrase pas la tige.

- Le grain est balayé et ramassé, il nourrira les volailles. La paille est remise en gerbes et les petites gerbes liées par 4 et stockées debout une nouvelle fois. Avant de la gerber, le vannier a soigneusement peigné cette paille à la main pour en faire tomber les tiges cassées.

- En 1975, la récolte a été particulièrement satisfaisante. Lucien Barse la décrit comme « longue, fine et blanche ». Notons, qu'une petite quantité de paille est ramassée verte, 1 mois avant la date de moisson normale car certains clients l'aiment ainsi.

La ronce.

- Elle ne risque pas de manquer a Queuillette, bien que Lucien Barse lui « fasse la guerre » depuis cinquante ans ! Elle pousse tiges lianescentes au long des chemins et il faut la choisir longue, de forte section de préférence et sans rejet vertical. Après l'enlèvement des épines, elle est refendue en deux, puis en  cinq, trois + deux, voire en dix pour les plus fortes tiges. Il ne reste plus qu'à démoëller en utilisant le dos de la lame d'un couteau reposant sur le genou, lui-même protégé par un chiffon.

- Ultime opération, on égalise en large. Elle est enfin roulée en cerceaux et stockée un an pour séchage. Il faudra, 24 heures avant son emploi, la tremper dans l'eau froide afin qu’elle retrouve toute sa souplesse.

Le principe de la paillasse.

- Elle est fort simple un boudin de paille roulé en spirale et dont les spirales sont cousues bord à bord par de l'éclisse de ronce. La spirale se love dans un plan horizontal, le fond et après un certain nombre de tours continue de s'enrouler dans un plan oblique ou subvertical correspond aux flancs de la corbeille.

- Cette technique n'est pas sans rappeler celle de la poterie avant l'apparition du tour, un colombin de terre remplaçant le boudin de paille, la barbotine jouant le rôle de la ronce.

- Vis-à-vis des autres vanneries, la paillasse présente l'originalité suivante :

- C'est un objet cousu plutôt que tissé ou tréssé.



- C'est une vannerie non ajourée, la paille me laissant subsister aucun interstice entre ses spires.

La confection.

- Le départ est le plus malaisé à exécuter car il faut faire prendre au boudin de paille sa forme escargot. Or, le rayon de rotation est extrêmement faible puisqu'il est égal à l'épaisseur du boudin.

- Le boudin est constitué d'une vingtaine de fétus tassés à une extrémité et ébarbés encore une fois. La ronce effectue autour de cette première spire une surliure à mailles rapprochées, moins de 1 cm. Puis dès le deuxième tour, elle est cousue à la première spire.

- La couture s'effectue à l'aide de la « nigue » qui est un perçoir en cuivre perforant le boudin de paille dans son tiers extérieur. L'éclisse de ronce, épointée, est passée dans ce trou, de telle façon qu'elle prenne en plus de la paille, la maille précédente. En tirant fortement sur la ronce on resserre définitivement la maille. On imagine pourquoi les paillasses ont une durée de vie si longue !

- Précaution importante, toutes les 3 ou 4 mailles, il faut ré alimenter le boudin avec quelques fétus supplémentaires. Ceci pour éviter les boursouflures résultant d'un ajout massif de paille.

- Pour terminer le bord supérieur de la corbeille, on laisse « mourir » le boudin en ne réalimentant plus, ce qui se traduit par un biseau aigu.



- Dans les paniers ovales, comme le semoir par exemple, le départ est plus facile puisque la spirale se développe autour d'un boudin droit et non d'un escargot.


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