En noir et blanc, des métiers racontés par leurs ouvriers.
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Le vannier, le hottier, le jouguier, le galochier, le sellier-bourrelier, les perleuses, le dinandier, le saigneur, les potiers de terre, les charrons.

Photos d'autrefois en noir et blanc


Des métiers racontés par leurs ouvriers.


Le hottier de Queillette.

La fabrication des hottes.


La hotte à bâtons appelée « berthe » était un outil de portage jadis universellement répandu. Elle peut être très grande, 80 cm de haut et porter 50 kg de vendange. Ou très petite, on la donne alors aux enfants.

Constitution générale et terminologie.

La berthe comprend :

- Un fond en bois blanc, pin, sapin, plat du côté du dos, arqué du côté extérieur, percé de trous régulièrement espacés recevant les montants.

- Un montant large et plat placé au milieu du dos et qui sert « d'épine dorsale » à la hotte. Il est muni d'un « talon » formant butée sur le fond.

- Des montants ronds, munis également d'un « talon » s'enfilant dans les trous du fond et constituant l'armature du pourtour.

- Des montants ovales et pointus, de diverses longueurs, s'enfilant dans le réseau de la vannerie et servant à combler les angles morts de la hotte, au fur et à mesure qu'elle s'évase vers le haut.

- La barette, tasseau de bois percé de trous, renforçant le dos de la hotte aux 3/4 de la hauteur, transversalement aux montants.

- Le rebord supérieur, arceau de saule maintenant l'évasement des montants et surjeté par une éclisse.

- Le gainage de l'ensemble qui est effectué à l'aide d'éclisse de noisetier écorcé ou non.

- Les bâtons de portage ou « écouges » ont une section ovale très aplatie, sont arqués dans le sens longitudinal, et percés de deux trous, ils s'insèrent dans deux montants de la
hotte.

Les outils et accessoires de construction.

Lucien Barse utilise un outillage simple car l'essentiel du travail s'effectue à la main.

- Pour découper : la scie égoïne.

- Pour tailler et éclisser : le couteau, le sécateur, la plane.

- Pour percer : le vilebrequin et ses mèches.

- Pour tracer et mesurer : crayon et mètre pliant.

- Pour tasser les mailles de vannerie : la « figue », bâton épointé en buis.

- Pour tasser les montants ajoutés : le marteau.

- Pour attacher le rebord supérieur : pinces universelles et fil de fer.

- Pour galber la hotte : le « moule » ou gabarit en fer rond de 8 mm de diamètre qui épouse parfaitement la section de la hotte aux 2/3 de sa hauteur. Le moule est maintenu en place par 2 pointes métalliques qui enserrent le montant plat et une ficelle fixée au fond durant l'ouvrage.

La préparation des matériaux.

Le noisetier, ramassé à la période voulu est stocké debout, au dehors, puis rentré deux ou trois jours avant l'emploi dans la grange. Là, à la Chaleur des bêtes, il va coumer, terme intraduisible en français mais qui signifie à peu près qu'il va bien se laisser travailler.

- Les montants ronds sont découpés à longueur puis dégrossis afin de laisser subsister le talon.

- Le montant plat est taillé à la plane sur chevalet, banc de travail très semblable à la chèvre du chaisier, ainsi que les écouges, bâtons de portage.


Lucien Barse planant les écoupes sur son chavalet.

- Le fond est tracé, découpé et percé ainsi que la barette.

- Le noisetier est éclissé. Il faut pour cela étaler sur le genou droit un chiffon, entailler peu profondément au couteau le bois et décoller une pellicule ligneuse en arquant la baguette sur le genou. Ces éclisses sont calibrées à la dimension des hottes, larges pour les grandes hottes, fines pour les petites.

La confection de la hotte.



Dans les limites de cet ouvrage, qui n'est pas un manuel de vannerie, il n'est pas possible de décrire, par le menu, les opérations complexes de la construction d'une hotte.

Nous en retiendrons l'essentiel :



- Mise en place des montants, le large, les 4 des angles, les intermédiaires, et de la barette.

- Fixation du « moule ».

- Tissage de la « kirse », éclisse de noisetier. Le point employé est des plus simples, un pris, un sauté. Le vannier utilise alternativement de l'éclisse blanche et de l'éclisse non écorcée, tous les 10 tours environ. Chaque maille est tassée à la nigue.

- Pose des montants supplémentaires dans les angles morts. Ceux-ci très pointus, s’insinuent dans l'étui de vannerie et complètent l'armature du pourtour.

- Pose des écouges après le retrait provisoire de deux des montants.



- Finitions, on coupe au sécateur les dépassants, montants et éclisses.


Egalisation des montants au secateur, avant la pose du bord.


Mise en place des montants suplémentaires.


Tissage et resserage des mailles de vannrie.


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