Des métiers racontés par leurs ouvriers.
Le hottier de Queillette.
Dans les bois de La Combraille.
Est-ce triste, est-ce gai? C'est la pauvre Auvergne. Si vous trouvez que la Beauce est gaie, vous ne rencontrerez-là qu'un sommet de désespoir. Raves, seigle, pommes de terre, quelques prairies, mais dix fois plus de landes, sèches ou humides, genêts et genévriers ou roseaux et ajoncs, quelques forêts, mais dix fois plus de taillis, trois ou quatre grands étangs mais deux cent pièces d'eau, pêcheries, mares à canards, qui ne parlerait de monotonie, de désolation? Moi, sans parti pris .
- Ce « moi » désigne Georges Conchon, natif de la Combraille. Et qui saurait mieux décrire son pays que celui qui y est né? C'est également le pays de Lucien Barse, en bordure de ces admirables gorges de la Sioule, aux flancs escarpés et touffus, aux méandres si prononcés qu'on croit deviner le moment où la rivière en recoupera le pédoncule.
- L'exploitation de Lucien Barse est toute petitoune, vu l'âge avancé et les faibles besoins du propriétaire. Les terres labourées jadis en seigle, aujourd'hui en froment ont été louées à un voisin. L. Barse conserve quelques ares de culture pour son seigle et ses betteraves fourragères. Le reste de l'exploitaion est en prés humides où les 4 vaches vont paître.
- Le temps qu'il ne consacre pas à sa ferme, M. Barse le passe à faire de la vannerie et divers outils en bois.
- Allons en compagnie de Lucien Barse, lorsu'il va cueillir son noisetier, avec pour seul outil sa serpe. En bordure du chemin, un magnifique bosquet de bouleaux dont l'automne a déjà défeuillé la ramure gracile et violine, et dont il se sert pour faire les balais
- Le chemin descend raide car il s'agit d'un ravin affluent de la Sioule. Nous entrons dans un pré humide mal entretenu où poussent quelques osiers et des saules. De ces tiges flexibles, Lucien Barse fera des paniers. Enfin, nous voici dans le taillis. Lucien choisit des rejets sans nœuds, bien droits et les coupe à la base d'un seul coup de serpe. Il fait un fagot de tiges qu'il ligature avec quelques branches souples et qu'il charge sur son épaule.
- Sur le chemin du retour, il nous fera remarquer dans les haies buissonnantes les longues lianes épineuses de la ronce qu'il refend pour confectionner les « paillasses ». Il nous parlera encore des noisettes dont on faisait une huile si fine, des « creuilles », petites pommes acides avec lesquelles on fabriquait le vinaigre, des mûres dont il a fait, cette année, une délicieuse gelée. Peut-on vivre en meilleure symbiose avec la nature?
|