Des métiers racontés par leurs ouvriers.
Le dinandier d'Aurillac.
Les récipients en cuivre, jadis.
Loin d'être une vaisselle de riches comme l'étain et l'argent, les récipients en cuivre surprennent par leur diversité de contenance, de forme et d'usage. Il n'est pas possible d'en dresser une liste complète mais on peut, du moins, donner un aperçu de ce foisonnement.
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Dans la cuisine tout d'abord, s'alignaient jadis les batteries de casseroles de grandeur décroissante, des marmites, des braisières, au couvercle profond pouvant contenir de la braise pour les viandes mijotées, des sauteuses, casseroles à bord bas pour faire revenir les volailles, des tourtières, sorte de plat à gâteaux qui peut aussi recevoir des braises sur le couvercle, des poissonnières récipients oblongs destinés à la cuisson de volumineux brochets, carpes ou saumons.
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Autour de la cheminée et dans les locaux spécialement aménagés, trouvaient place des chaudrons de toutes sortes, petits chaudrons à confitures, chaudrons pour faire cuire la nourriture des animaux, énormes chaudrons à lessive.
- L'eau qui n'était pas encore sur l'évier, il y a cinquante ans, faisait l'objet de toute une série de fabrications, les seaux ou ferrats, pour aller la quérir au puits, les louches à manche creux, pour boire dans le seau, des fontaines pour laver les mains et le visage, les bouilloires pour le café....
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Le lait avait aussi ses contenants spécifiques, chaudrons dans certaines régions fromagères, Pays Basque, par exemple, grezalles pour écrémer dans le Cantal.
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Récipients à eau et à lait se trouvaient de préférence dans la « souillarde ».
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Il faudrait parler encore des instruments pour s'éclairer comme les caleils, lampes à huile ou pour se chauffer bassinoires. Et la liste ne serait pas close.
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Nous n'avons abordé, volontairement, que les objets à usage domestique. Les objets en cuivre, dans le domaine liturgique par exemple, étaient innombrables.
Nous voudrions simplement souligner deux aspects de cette production.
- La solidité, « Je me souviens, à la fin de la guerre, quand on faisait beaucoup de marmites à cochon, et bien, quand un jeune ménage de la campagne venait nous faire faire une marmite on leur disait, lorsqu'ils sortaient, on ne vous reverra pas, parce que la marmite... Elle étais faite pour la vie! ».
- L'intelligence de la forme. C'est encore Robert Bastien qui attire notre attention sur les volumes des récipients.
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Le ferrat, pour aller chercher de l'eau par exemple, le tronc de cône est normal, c'est-à-dire qu'il se referme vers le haut. D'où une moindre tendance pour l'eau à s'échapper par l'ouverture. Le fond repoussé en dépression, pour le maintenir sur la tête à l'aide d'une galette de chiffons.

- Le chaudron à cuire avait un large fond, ce qui permettait une chauffe rapide, une grande surface étant exposée aux flammes, le cuivre étant un remarquable conducteur thermique et un abaissement du centre de gravité donc une meilleure stabilité.
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- La grezalle récipient à écrémer le lait, était au contraire évasé vers le haut, d'où l'obtention d'une petite surface de base, chauffe lente et une grande surface d'ouverture, étalement de la crème.
- Nous traduisons aujourd'hui en notions de physique ce que les anciens avaient compris de façon empirique. Notre admiration n'en est que plus grande. Aujourd'hui, les cuivres ont perdu leur aspect utilitaire pour un rôle exclusivement décoratif. Sauf pour faire la confiture et c'est par la fabrication des bassines à confitures que nous allons pénétrer l'art du batteur de cuivre.

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