En noir et blanc, des métiers racontés par leurs ouvriers.
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Photos d'autrefois en noir et blanc


Des métiers racontés par leurs ouvriers.


Le dinandier d'Aurillac.

Histoire du battage du cuivre à Aurillac.


Lorsqu'on arrive dans le vallon où est votre chef-lieu, l'oreille entend le bruit de la cité avant que l’œil ne la voie elle-même, écrivait Pigagnol de la Force à l'abbé Sestrière en 1766.

- Il n'est pas précisé si le tintamarre en question était dû aux pilons des martineurs ou aux marteaux des chaudronniers. Ces derniers ont en effet besoin des premiers pour travailler. Dans les vallées avoisinant le bassin d'Aurillac étaient installés des martinets, sortes de marteaux pilons rustiques, animés par un arbre à cames, solidaire d'une roue à aubes qui tournait grâce à la force hydraulique. Il y a un siècle, cinq martinets faisaient retentir l'écho du bruit cadencé de leurs marteaux, ceux de Peyrol, de Mirande, de Patay sur la Jordanne, ceux des granges d'Arpajon et de Vigouroux près de Marmiesse, sur la Cère, le dernier s'est arrêté il y a 35 ans.

- Tout comme se sont arrêtés ceux de Villefranche-de- Rouergue sur les affluents de l'Aveyron. Tout comme vont peut-être s'interrompre les deux derniers martinets de France, qui fonctionnent en 1979 à Durfort, au pied de la Montagne Noire. Le travail du martineur consiste, à partir d'une galette de cuivre d'un poids déterminé, à l'étirer à chaud sous le pilon afin d'en faire une calotte hémisphérique qui sera vendue aux chaudronniers sous le nom de « coupe noire ».

- Si martineurs et chaudronniers étaient associés géographiquement, un problème subsiste, celui de leur approvisionnement en cuivre, Aurillac ne bénéficiant pas, comme Villefranche, de la proximité de mines. Deux sources sont le plus souvent citées, le cuivre de récupération, racheté par les « jagots » sorte de colporteurs de l'industrie aurillacoise, le minerai du Rio Tinto en Espagne, importé depuis des siècles. Rappelons à ce sujet que l'émigration cantalienne vers l'Espagne est un phénomène massif et durable, il est donc incontestable que cet axe commercial Cantal-Espagne ait pu servir à l'importation de matière première et à l'exportation de chaudrons terminés.

- Historiquement, les premiers martinets sont attestés dès la fin du XVI eme siècle, le dernier cesse toute activité au début du XX eme. Quand le géographe Durand publie son ouvrage sur Aurillac en 1946, il ne reste plus qu'un atelier de batteur de cuivre, celui de Guittard, rue des Fargues. C'est dire que déjà cet artisanat est moribond. Notre enquête, trente ans après, va permettre de lui donner un prolongement inédit.


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