Des métiers racontés par leurs ouvriers.
Le dinandier d'Aurillac.
Assemblage et traitements de surfaces.
Le rivetage.
- Il n'est utilisé dans la chaudronnerie artisanale que pour la pose des anses ou des oreilles. Le rivet est en cuivre, muni d'une tête ronde. Après perçage des parties à réunir, le rivet est enfilé dans les trous. Le chasse-rivet sert à appeler la tige du rivet. Puis on l'écrase au marteau et on forme cette nouvelle tête à la bouterolle. L'agrafage ou sertissage s'effectue par pliage et rabattage de deux bordures. Ainsi dans la fontaine traditionnelle, le fond est serti à la jupe. La ligne de jonction est ensuite soudée à l'étain pour assurer une étanchéité parfaite.

Le soudage.
- Il est un procédé d'assemblage thermique qui réalise la jonction de deux éléments par un métal d'apport. Celui-ci peut être l'étain comme dans la fontaine, le laiton comme pour la bassine à confitures, on parle alors de brasage, ou le cuivre. Depuis une vingtaine d'années, le cuivre en feuilles est d'excellente qualité. Il est désoxydé et peut être soudé au cuivre, on parle alors de soudure autogène, le métal d'apport est identique au métal à assembler.
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Décrivons, sans entrer dans le détail, une opération de brasage. Le chaudronnier a parfaitement nettoyé les parties à assembler, par grattage et décapage. Il répand de la brasure en poudre sur la future soudure, puis du borax.

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Ce produit est un fondant permettant l'adhérence de la brasure. L'artisan chauffe au propane et le borax pénètre entre les onglets, préparant le chemin à la soudure. Il chauffe ensuite le cul de la bassine, par en dessous, à l'acétylène, la brasure fond, pénètre dans les agrafes et ressort du côté opposé. L'artisan trempe alors la bassine dans l'eau pour voir si elle perd, puis il la sèche d'un coup de chalumeau. Une fois martelée cette soudure sera quasi invisible et s'avèrera aussi solide que le restant du récipient.
L'étamage.
- Il est un revêtement intérieur a l'étain pur ou d'alliage, étain plus plomb destiné à éviter l'oxydation des ustensiles de cuisine. On sait que l'oxydation du cuivre donne le vert de gris qui est nocif pour l'homme. La plupart des récipients ménagers, sauf ceux qui sont destinés à la confiserie, sont donc étamés, casseroles, marmites, daubières, etc...
- Soudage et étamage supposent des surfaces parfaitement propres. D'où l'utilisation, en chaudronnerie, du décapage aux acides. Robert Bastien utilise l'acide sulfurique pour le cuivre rouge, l'acide chlorhydrique pour l'étain, l'acide nitrique pour le laiton et les cuivres récalcitrants. Ces travaux de décapage entraînent des vapeurs dangereuses pour la santé de l'artisan. Les cuves à acides doivent se situer à l'extérieur de préférence.
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On doit enfin signaler un autre rôle du décapage à l'acide, nettoyer la pièce avant le martelage. Le planage ou le sous-planage doivent s'effectuer sur une surface parfaitement propre afin que chaque coup de marteau laisse une empreinte brillante.

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