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Photos anciennes et photographies d'époque en noir et blanc et leur histoire.



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Jacques Pugin est un artiste photographe suisse 


Jacques Pugin, né en 1954 à Riaz, est un artiste photographe suisse, entreprend de nombreux voyages dans le monde, et en particulier dans les déserts d’Afrique, d’Inde et d’Amérique latine pour un travail de grande envergure intitulé Sacred Sites.


1 - Voir



Il est l’un des précurseurs1 de la technique du Light painting qui consiste à obtenir lors de la prise de vue photographique les traces lumineuses dues soit à l'exposition directe du capteur à la source lumineuse, soit aux objets éclairés. Il intervient dans ses images lors de la prise de vue où a posteriori via les différentes techniques, le dessin, la peinture, les outils numériques. Si, à ses débuts, il travaille sur le corps, son domaine de prédilection est surtout la nature. L’œuvre de Jacques Pugin est caractérisée par son attention particulière aux traces qui témoignent de la présence de l’homme ou des éléments naturels dans le paysage.
À 18 ans, Jacques Pugin s’installe à Zurich pour devenir photographe, contre la volonté de son père. Suzanne Abelin, qui anime la Galerie 38, une des premières galeries en Suisse dédiée à la photographie, organise sa première exposition personnelle en 1977. Il ouvre son premier atelier en 1978 à Genève. Il effectue un voyage en Grèce, où il réalise un travail photographique qui lui permet d’obtenir en 1979 une bourse fédérale des Arts appliqués (Suisse). Il réalise une série intitulée Graffiti greffés utilisant le Light painting. Il obtient 3 années consécutives la Bourse fédérale des Beaux-arts (Suisse) en 1980, 1981 et 19822.
En 1983 il poursuit avec Graffiti rouges, investiguant désormais la couleur.
En 1984 il réalise une série Les jouets, photographies qui entrent dans la collection du Centre Pompidou à Paris et dans la collection de M.et M. Auer qui les publient dans le livre « Une histoire de la photographie » en 2003.
En 1985, lors de la triennale de Fribourg en Suisse, Polaroid met à sa disposition une caméra 50x60cm avec laquelle il réalise la série Les Polaroids, qui intégre la collection éponyme. Il entre dans l’Encyclopédie internationale des photographes, de 1939 à nos jours3, éditions Camera obscura.
Dans les années 1990, Jacques Pugin s’intéresse aussi aux images de source vidéo qui donnent lieu à une série de photographies intitulée la Montagne Bleue et à un livre du même nom, avec un texte de Jean-Michel Olivier, Éditions Ides et Calendes.
Il réalise ensuite des séries complètes sur le thème de la végétation.
Dans les années 2000, il entreprend de nombreux voyages dans le monde, et en particulier dans les déserts d’Afrique, d’Inde et d’Amérique latine pour un travail de grande envergure intitulé Sacred Sites (2002 à aujourd’hui), soutenu par une bourse de la Fondation Leenaards. Il se consacre aussi depuis 2005 à son œuvre sur le paysage de montagne, la Montagne s’ombre.
En 2013 il termine Les cavaliers du diable, un travail photographique à portée géopolitique commencé en 2008, sur les traces des vestiges de la guerre civile au Darfour.

Œuvres
Graffiti greffés4 (1978 – 1979). Dans ses photographies des années 1970 Jacques Pugin utilise la lumière comme un crayon qui lui permet de dessiner à l’intérieur même du processus photographique (Light Painting). Il utilise une bougie comme crayon avec laquelle il dessine des formes dans le paysage ou il en souligne les contours. En modifiant les apparences des lieux ou des paysages, en intégrant dans ses photographies des traces qui relient les fils invisibles du présent, du passé et de l’avenir, Jacques Pugin investit symboliquement ses photographies.
Graffiti rouge (1983) Investiguant la couleur avec la technique du light painting le photographe utilise des éléments flotants sur l’eau ou le vent pour symboliser le passage du temps.
Les jouets (1984) Dans cette série les traces lumineuses soulignent et lient des corps et des jouets qui cohabitent sur l’image. Cette œuvre entre dans la collection du Centre George Pompidou à Paris.
La Montagne bleue5 (1995-1998). Au milieu des années 1990 Jacques Pugin commence à utiliser l'informatique comme outil pour travailler sur l'image réalisée. À l’inverse des artistes du Land Art, qui interviennent dans un paysage donné avec les matériaux du lieu même, et qui photographient ensuite l’ensemble, sa démarche consiste à photographier les paysages bruts. Il intervient ensuite sur l’image, à l’aide de différents outils, en y apportant des lignes droites ou des courbes, et/ou en y ajoutant des ombres et des lumières. Dans son travail La Montagne bleue, il marie à la fois l’outil informatique et les crayons de couleurs, pour un résultat pictural, à mi-chemin entre la photo et la peinture.
Sacred Sites6 (2001 – 2013). Ce travail photographique soutenu par la bourse de la fondation Leenaards a commencé en 2001. La série reprend le nom Sacred Sites que les aborigènes australiens habitant près du rocher Uluru (Ayers Rock) donnent à leurs lieux sacrés en les entourant avec des enclos afin de les protéger. Aujourd’hui l’artiste continue sous ce titre à photographier des lieux à travers le monde, parcourant ainsi espaces et sites naturels désertiques et dépeuplés. Il photographie des traces qui témoignent de la présence de l’homme dans le paysage et utilise plusieurs moyens pour accentuer ces traces dans l’image. Il propose dans ses photographies une réflexion sur le temps, l'espace et le rapport complexe que l’homme entretient avec la nature. Dans cette série figurent de nombreux enclos, constructions, ou traces d’habitations de nomades caractérisés par leur forme circulaire: Jacques Pugin photographie ces lieux comme des sculptures fabriquées avec les éléments environnants, par les hommes.
La montagne s’ombre7 (2005 – 2013). Dans cette œuvre le photographe cherche à épurer ses images pour faire ressortir l’essence même de la montagne et sa force. En travaillant essentiellement sur les ombres qui deviennent des traces, il redirige le regard et la pensée vers un autre questionnement.
Les Cavaliers du Diable8 (2008 – 2013). Pour la première fois Jacques Pugin choisit de travailler non pas sur ses images, mais en utilisant les photos satellitaires tirées de Google Earth. Cette fois les traces sont les vestiges de la guerre civile au Darfour; des exactions perpétuées par les Janjawids (les cavaliers du diable) qui ont violé les femmes, tué les enfants, massacré les populations, avant de brûler les villages, ne laissant rien d’autre que les cendres des maisons et clôtures. Jacques Pugin choisit d’appliquer à ces images un double traitement, d’une part en retirant la couleur, puis en les inversant, signifiant ainsi symboliquement le caractère fondamentalement noir et négatif de la barbarie dont elles sont le témoin. Ce travail s’inscrit dans la continuité des recherches entamées par le photographe en 1979 sur les traces, (Série Graffiti greffés) mais cette fois Jacques Pugin a une démarche plus politique. Alors que le Darfour est très difficile d’accès pour les journalistes reporters, l’artiste questionne le rôle d’internet, en faisant de Google Earth, de manière indirecte, une forme d’outil de reportage, de témoignage vu du ciel.



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