En noir et blanc, les anciens et vieux châteaux d'Auvergne.
Souvent perchés sur leur éperon rocheux, les châteaux dominent les vallées et offrent de superbes panoramas sur les alentours.

Les anciens châteaux d'Auvergne - Dans le Cantal, l'Allier, la Haute-Loire, le Puy-De-Dôme.










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Les anciens et vieux châteaux d'Auvergne.


Le château de la Vigne, à Ally dans le département du Cantal.




Période ou style
Médiéval
Type
Château fort
Début construction
XV èm siècle
Fin construction
XVIII èm siècle
Destination initiale
Habitat seigneurial
Propriétaire actuel
Famille du Fayet de la Tour
Protection
Inscrit MH en 1991
Commune
Ally

D’abord castrum mérovingien, puis forteresse médiévale, le château fut construit par la famille de Scorailles à la fin de la Guerre de Cent Ans.

Au XVIIIème siècle le château fut transformé par Bertrand d'Humières, il modifia la demeure féodale des Scorailles en demeure de charme, la particularité du château est qu'il a toujours été habité.
A noter le passage de Jean-Jacques Rousseau en 1767 qui traversa le Cantal pour y composer un herbier, de la Princesse de Condé durant la Fronde (1648) et de Christophe Malivoire célèbre trouvère du Moyen Age (1486).

De la terrasse du château on peut profiter d'une vue exceptionnelle sur le jardin à la française et les Monts du Cantal, au-delà de la planèze, haut plateau basaltique, de Salers, on voit la chaîne du Puy Mary, avec le Puy Violent, le Suc de la Tourte, le Peyre Arse et le Chavaroche, ainsi que le débouché de plusieurs grandes vallées glaciaires.

Témoignage vivant du riche passé de la Haute Auvergne, on peut admirer la décoration intérieure originaire du XVIIIème siècle, les grandes cheminées de pierre sont remplacées par de charmants trumeaux en bois sculpté et peints dans les tonalités de l'époque, des lambris élégants ornent certaines pièces en remplacement des peintures murales d'origine.


Description

Le château se compose d'une tour carrée construite au xv e siècle, à laquelle est ajouté un premier corps de logis rectangulaire flanqué de quatre tours d'angles, trois rondes et une carrée.
Il est surmonté d'un chemin de ronde avec des mâchicoulis, au xvi e siècle, un autre corps de logis est ajouté à l'Ouest, avec un fossé tout autour.

Des peintures murales du xvi e siècle sont retrouvées dans la salle de justice ainsi que dans la chapelle, la tour de flanquement Nord-Ouest est détruite au xviii e siècle, pour être remplacée au xix e siècle par une échauguette.

Une porte est aménagée dans la tour Nord-Est, aux armes des propriétaires actuels, le château a été inscrit monument historique le 30 septembre 1991 ainsi que les décors intérieurs de la chapelle, du grand salon, de la salle à manger, du Studiolo, de la chambre dite de Jean-Jacques Rousseau et de la chambre Troubadour.


Histoire, des origines Gallo-Rmaines au XI èm siècle

Sur ce promontoire stratégique, aux confins des tribus gauloises des arvernes et des lemovices, se dressait un poste fortifié destiné à surveiller l’horizon et à protéger, depuis l’époque de la conquête romaine, la voie qui, traversant l’Aquitaine, reliait Bourges à la Garonne.
Au V ème siècle, à l’époque de l’empereur Honorius, une colonie romaine est fondée par un certain Scaurus Aurelius d’où sortira, quelques siècles plus tard, l’illustre famille de Scorailles.

Depuis l’an 676, l’Aquitaine se trouve pratiquement indépendante, ses ducs mènent une politique tout à fait personnelle, P épin-le-Bref, fils de Charles Martel, continuant l’oeuvre de son père, veut soumettre la province indocile et la réunir au royaume franc, il attaque le Duc Waiffre, en 767, au mois d’août, Pépin retourna en Aquitaine, il parvient jusqu’à la Garonne, dans ce voyage, il conquiert une foule de positions fortes, entre autres : les châteaux de Scorailles, de Turenne et de Peyrusse, dans cette campagne, Pépin le Bref est accompagné par son fils Charlemagne.

Succédant au « castrum » mérovingien, une deuxième fortification est érigée à quelques centaines de mètres de là, en position dominantes, elle sera vite entourée d’un village, c’est en cet endroit, déjà marqué par les évènements que grandit et prospère la famille de Scorailles dont le nom est inséparable de la Haute-Auvergne et de la France.
Alliés aux plus grandes familles, tels les vicomtes de Turenne, Combor, Limoges et Vendatour, les comtes de Périgord et de Rodez, eux-mêmes proches parents des comtes de Champagne, des ducs de Normandie et de Bretagne, des rois d’Angleterre, de Castille et d’Aragon, les Scorailles, participeront en effet à tous les évènements heureux ou malheureux que connaîtra notre pays au fil des siècles. En 1095, départ de Guy et Raoul de Scorailles pour la Première Croisade.

Un grand élan religieux souffle sur le royaume de France, L’Auvergne reçoit l’auguste visite du souverain Pontife : Urbain II, venu présider le Concile de Clermont.
La papauté se sent très bouleversée depuis la prise de Jérusalem, tombée au mains des Turcs en 1076, il faut aller délivrer le tombeau du Christ, Dieu le veut ! .
De nombreux seigneurs auvergnats se rallient à son désir et prennent la croix, les frères Guy et Raoul de Scorailles suivent le mouvement, à leur retour de Terre Sainte, ils ramènent les reliques de Saint-Côme et Saint-Damien, patrons des médecins, qu’ils confient à l’Abbaye voisine de Brageac.


Histoire, du moyen-âge à la révolution

1470-1485 : Construction du 3ème château, l’ascension de la famille se poursuit au fil du Moyen-âge, Louis de Scorailles, époux de Geneviève de la Roche-Aymon, est un grand seigneur, attaché au service du duc de Berry, il défend avec vaillance, en 1421, la ville de Cosne-sur-Loire encerclée par les anglais et les bourguignons.
Il sera plus tard conseillé et chambellan de Charles VII, puis sénéchal du Berry et du Limousin.
L’antique demeure familiale tombe en ruine, suite à la guerre contre les anglais qui dure depuis si longtemps, et à une coseigneurie compliquée, c’est à Marquès de Scorailles, fils de Louis, que revient la tâche de redonner à sa famille une demeure décente, plutôt que de remonter les ruines du vieux château, il décide, vers 1470, de se déplacer de 300 mètres au nord et d’en construire un neuf sur l’emplacement d’un ancien vignoble.
La période étant encore peu sûre, le nouveau château, dit de La Vigne-Scorailles, sera construit sur le mode défensif, avec tours, chemins de ronde, mâchicoulis et fossés.

En cette fin du XVème siècle, la famille de Scorailles jouit d’un grand prestige, toute la noblesse des environs se presse au château, pour s’y divertir et écouter les chroniques de Christophe Malivoir, troubadour de renom.

Les Scorailles prennent le parti des Princes pendant la Fronde, fuyant Mazarin et cherchant à le rejoindre, par des chemins détournés, Bordeaux, où son mari a des partisans, la Princesse de Condé, accompagné de son fils, le tout jeune duc d’Enghien, fait étape à La Vigne-Scorailles.
Elle y sera rejointe par le Vicomte de Turenne, glorieux Maréchal de France, et par les ducs de La Rochefoucauld et de Duras, venus escorter la princesse avec un détachement de mousquetaires.

Le nouveau propriétaire est aussi ouvert aux idées nouvelles et se pique de philosophie, il invite Jean-Jacques ROUSSEAU à séjourner chez lui, ce dernier y passera trois mois et composera un herbier dont malheureusement les traces ont été perdues à la fin du XIXème siècle.


Histoire, l'époque contemporaine

1899 : vente du château de La Vigne, sa vente, à la fin du XIXème siècle, représente pour La Vigne une profonde rupture dans la continuité depuis l’origine, dès lors les propriétaires vont se succéder, et les terres se démembrées ou se reconstituer tour à tour.

1912 : reprise et aménagements par Gabriel de Raffin de la Raffinie, c’est juste avant la Grande Guerre que Gabriel de Raffin, d’un vieille famille de Salers, achète La Vigne, il entreprend, sous la conduite de l’architecte Lemaigre, de nombreux travaux de réparation, de décoration et de confort.
Hectare après hectare, il reconstitue patiemment la propriété d’origine du château. Vieillissant, il revend La Vigne en 1942 à Robert Jégou.

Le nouvel acquéreur, homme d’affaire du nord de la France, vient habiter La Vigne avec sa famille durant les années sombres de la guerre, l’éloignement du Cantal et ses difficultés d’accès permettent d’abriter discrètement un certain nombre de personnes recherchées par les allemands, et en particulier des israélites qui auront ainsi la vie sauve.
1950 : acquisition par Georges et Elisabeth du Fayet de la Tour.

Les Jégou abandonnent La Vigne peu après la Guerre et c’est en 1950 que la demeure est acquise par la famille qui l’occupe actuellement, ce n’est pas sans raisons que Georges du Fayet de la Tour et son épouse jettent leur dévolu sur le château de La Vigne, issu d’une très ancienne famille de la région de Salers, Georges descend, par les femmes, des Scorailles.
C’est donc un retour de cette demeure à sa famille d’origine, les nouveaux occupants s’attachent donc très vite à leur nouvelle maison qu’ils remeublent dans son style.

La Vigne, inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques en 1965, s’ouvre pour la première fois à la visite du public.


Histoire résumée

À partir du xv e siècle, le château devient le lieu de séjour de la famille de Scorailles à la place de l'ancienne forteresse d'Escorailles.

- 1399 : Louis II de Scorailles, comtour de Scorailles, seigneur de Montpensier, est seigneur de La Vigne.

- 1470-1485 : Marquès de Scorailles, seigneur de Roussilhe, son petit-fils, construit du château actuel.

- 1743 : Anne-Charlotte de Scorailles, apporte La Vigne en dot à Bertrand d'Humières.

- 1745 : embellissements de La Vigne par Bertrand d'Humières.

- 1767 : Jean-Jacques Rousseau y séjourne.

- 1795 : La Vigne se trouve situé sur la ligne du méridien de Paris, passage à Ally de l'astronome Jean-Baptiste Delambre pour calculer le mètre.
Le château de La Vigne traverse la Révolution sans dommage.

- 1811 : Marguerite d'Humières, petite fille de Bertrand, apporte La Vigne en dot à Jean-Baptiste de La Tour de La Placette, d'une famille originaire du sud du Cantal.

- 1899 : Première vente du château à Antoine Fraignac, puis au Comte Étienne de Sigaldi.

- 1912 : Reprise et aménagements par Gabriel de Raffin de La Raffinie.

- 1942-1945 : Robert Jégou, accueil de réfugiés et résistance.

- 1950 : Acquisition par Georges et Elisabeth du Fayet de la Tour.

- 1966 : Inscription aux monuments historiques des façades et toitures.

- 1991: extension de l'inscription à plusieurs décors du château aux monuments historiques


Jardin du Château de la Vigne

Dépendance d'un château médiéval remontant au 13e siècle, le jardin a été réaménagé en 1950 sur les conseils d'un architecte paysagiste.
Pour des raisons d'économie et d'entretien, il a fait l'objet, par la suite, d'une simplification, en particulier dans la cour d'honneur.

Lors de cette restauration, quelques principes simples ont été retenus, conserver un caractère de simplicité et de naturel à l'ensemble, mettre en harmonie végétaux et constructions, créer, au pieds mêmes du château, un espace végétal décoré en forme de cour intérieure "Renaissance" et fermé par un ensemble d'ifs taillés, cette cour, ornée d'un puits en fer forgé, d'une grande vasque et de colonnes, était garnie autrefois de massifs de rosiers bordés de buis taillés.

On remarque une allée, délimitée par deux gracieuses petites vasques et bordée de buis taillés en cônes, et à l'entrée, la "maison de feuille", composée de charmes, de lauriers et d'un antique tilleul.


Site officiel, Bienvenue au Château, lien wikipedia, Château de La Vigne.














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