En noir et blanc, des métiers racontés par leurs ouvriers.
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Des métiers racontés - Le vannier, le hottier, le jouguier, le galochier, le sellier-bourrelier, les perleuses, le dinandier, le saigneur, les potiers de terre, les charrons.










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Des métiers racontés par leurs ouvriers.


Les charrons d'Auvergne et du Bourbonnais, la roue en hérisson, les rais.


Sur une roue de 1 mètre, une petite roue de chariot, il faut 10 rais. Une roue de char de 1,20 m en nécessite 12. Une grosse roue de 1,40 m, carriole possède 14 rais. On notera ce rapport simple de 10 entre le diamètre de la roue et le nombre de rais. Il est parfaitement fortuit du fait, qu'empiriquement, les charrons avaient découvert ce nombre de rais, bien avant l'invention du système métrique.

- Les rais sont exécutés en acacia refendu. Tout l'art du charronnage, dans sa partie bois, réside là, le mariage d'essences différentes à des degrés de dessication décalés dans le temps. Ainsi le moyeu est tourné à l'état misec au bout d'un an de séchage à l'ombre. Les rais sont très secs, comme les barreaux de chaise enfoncés dans des montants de bois vert. Le bois d'ormeau se « ferme » donc sur le rai en acacia.

Le façonnage du rai se fait traditionnelleent comme suit.

- Dégrossissage à la hache sur le billot.

- Dressage des faces à la varlope sur l'établi en utilisant la griffe comme butée.



- Façonnage proprement dit avec la plane dans le chantier à rai.



- Polissage au racloir. Celui-ci est une lame à deux tranchants dont le fil est rabattu à l'affiloir. Il est moins souple que le racloir du sabotier car il n'a pas à se galber étroitement sur une surface courbe. Il peut être utilisé en poussant avec les pouces ou en tirant avec les index, sur le dessus comme sur le dessous par simple retournement. Il donne un aspect fini à la roue et particulièrement dans cet ornement qu'on appelle « la flamme », les rais peuvent être à simple ou à double flamme.

- Le tenon qui s'enfonce dans le moyeu ou patte, est exécuté à la scie à araser après traçage. Vu de côté, l'arasement est en faux équerre car il faut donner à la roue l'écuanteur ou implantation oblique du rai sur le moyeu.

- L'autre tenon, la broche n'est fait que plus tard pour la raison essentielle que l'extrémité du rai va être frappée durant l'opération qui va suivre.

- A l'enrayage, le moyeu va subir des efforts formidables du fait de l'enfoncement en force des rais. Pour l'assouplir, deux méthodes existent que Roger Méténier a pratiquées au gré des patrons,

- « Soit on le faisait bouillir dans de l'eau. Soit on le faisait flamber à la forge avec des lamelles de bois, des copeaux. Alors, le feu assouplissait le bois. Faut bien dire, le moyeu était pas sec. C'était un bois un peu vert. Autrement, on aurait tout cassé ».

- Le moyeu est assujetti sur un chantier ayant beaucoup d'inertie pour pouvoir encaisser les coups. Une tige filetée terminée par un écrou de serrage maintient le moyeu sur le « mouton ». Une planche, appelée plumette est elle aussi solidaire de cette tige centrale. La plumette doit son nom à une plume de coq fichée dans un trou au rayon de la roue et dont la longueur réglable donne l'écuanteur de la roue.


Réglage de l'écuenteur avec la plumette.

- L'enrayage est donc une double opération qui vise à enfoncer les rais et à vérifier avec une grande précision leur inclinaison. Bien que ces opérations soient simultanées, nous allons les dissocier pour la clarté de l'explication.

a) L'enfoncement se fait à la masse sur les têtes de rais. On enfonce 1 rai sur 2 à la première passe pour ne pas trop forcer les mortaises. Il y a en effet 1 mm par cm de « serrage ». Ce qui revient à dire que la mortaise est plus étroite que le tenon d'au moins 7 mm, sur une largeur de rai de 7 cm par exemple. On comble les vides à la 2e passe.

b) Le réglage de l'écuanteur se fait ainsi.

- On enfonce les rais progressivement pour pouvoir les orienter à l'angle désiré.

- Pendant que le charron frappe les têtes de rais, un aide muni d'un bâton cintré guide les rais en appuyant, ou en levant.



- La plumette tourne avec la tige filetée pour centre et donne le galbe conique aux rais grâce à la plume qui doit les effleurer. On agit sur la barre d'enrayage en fonction de ses indications.

- Intervient alors le perçage du moyeu, « Tout de suite après avoir fini de l'enrayer, nous dit Roger Méténier. S'il est enrayé à l'eau, pour que l'eau s'évapore plus, et au feu, pour que la chaleur que l'on avait concentrée dans le bois ne l'éclate pas ». Ce perçage est obtenu au moyen de la tarière, de la cuillère, de la gouge carrée, qui donne au trou un aspect étoilé et enfin de la gouge ronde.

- La roue va rester en hérisson pendant un temps assez long, « On ne fabrique pas la roue tout de suite, on la laisse un an avant de mettre les jantes. Vous comprenez, comme ça, tout était sec. Si on laisse un moyeu dilater, quand il va sécher, on perd du diamètre de circonférence. Les vieux charrons, ils avaient des avances. On fabriquait la roue l'hiver, on l'enrayait et on la mettait au grenier. Et quand le paysan venait commander une roue, on savait qu'on en avait ».

- Ce décalage de fabrication, entre l'enrayage et la pose des jantes obéit à deux soucis.

- Un parfait séchage du bois.

- Une avance de production en utilisant la période « creuse» de l'hiver.













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